dimanche 13 mars 2011

COMMENTAIRE DES TEXTES DU PREMIER DIMANCHE DU TEMPS DE CARÊME

COMMENTAIRE DES TEXTES DU PREMIER DIMANCHE DU TEMPS DE CARÊME DE L’ANNEE A : POUR NOTRE MEDITATION DE LA SEMAINE

Les textes de ce dimanche :
Textes de dimanche 13 mars 2011
PREMIERE LECTURE - Genèse 2, 7-9 ; 3, 1-7a
7 Au temps où le Seigneur Dieu fit le ciel et la terre,
il modela l'homme avec la poussière tirée du sol ;
il insuffla dans ses narines le souffle de vie,
et l'homme devint un être vivant.
8 Le Seigneur Dieu planta un jardin en Eden, à l'Orient,
et y plaça l'homme qu'il avait modelé.
9 Le Seigneur fit pousser du sol
toute sorte d'arbres à l'aspect attirant et aux fruits savoureux ;
il y avait aussi l'arbre de vie au milieu du jardin,
et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
1 Or, le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs
que le Seigneur avait faits.
Il dit à la femme :
"Alors, Dieu vous a dit :
Vous ne mangerez le fruit d'aucun arbre du jardin ?"
2 La femme répondit au serpent :
'Nous mangeons les fruits des arbres du jardin.
3 Mais, pour celui qui est au milieu du jardin,
Dieu a dit :
"Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas,
sinon vous mourrez."
4 Le serpent dit à la femme :
"Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
5 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez,
vos yeux s'ouvriront,
et vous serez comme des dieux,
connaissant le bien et le mal."
6 La femme s'aperçut que le fruit de l'arbre devait être savoureux,
qu'il avait un aspect agréable
et qu'il était désirable, puisqu'il donnait l'intelligence.
Elle prit de ce fruit, et en mangea.
Elle en donna aussi à son mari,
et il en mangea.
7 Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent
et ils connurent qu'ils étaient nus.

PSAUME 50
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j'ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.

Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ;
que l'esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.
 Fait entrer le nouveau baptisé dans la communauté de l'Église.L'Ancien et le Nouveau Testament, avant et depuis Jésus-Christ.Bienveillance de Dieu pour les hommes.Culte public qui englobe l'ensemble de la prière de l'Eglise et les célébrations sacramentelles.Attitude qui incite à l'indulgence et au pardon.Récit allégorique servant à présenter un enseignement et à en faciliter la compréhension.Transgression volontaire d'une règle ou d'un commandement divin - point de rupture entre Dieu et l'homme.Conversion de l'esprit et du coeur. Sacrement qui permet de recevoir le pardon des péchés.Personne inspirée par Dieu pour être son porte parole.Cantiques ou chants sacrés contenus dans l'Ancien Testament.Harmonie retrouvée. Acte par lequel Dieu pardonne au pécheur repentant.

DEUXIEME LECTURE - Romains 5, 12-19
Frères,12 par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde,
et par le péché est venue la mort,
et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché.
13 Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde.
Certes, on dit que le péché ne peut être sanctionné quand il n'y a pas de loi ;
14 mais pourtant, depuis Adam jusqu'à Moïse, la mort a régné,
même sur ceux qui n'avaient pas péché par désobéissance
à la manière d'Adam.
Or, Adam préfigurait celui qui devait venir.
15 Mais le don gratuit de Dieu et la faute n'ont pas la même mesure.
En effet, si la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d'un seul,
combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude,
cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.
16 Le don de Dieu et les conséquences du péché d'un seul
n'ont pas la même mesure non plus :
d'une part, en effet, pour la faute d'un seul, le jugement a conduit à la condamnation ;
d'autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification.
17 En effet, si, à cause d'un seul homme, par la faute d'un seul homme, la mort a régné,
combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, règneront-ils dans la vie,
ceux qui reçoivent en plénitude le don de la grâce qui les rend justes.
18 Bref, de même que la faute commise par un seul
a conduit tous les hommes à la condamnation,
de même l'accomplissement de la justice par un seul
a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie.
19 En effet, de même que tous sont devenus pécheurs
parce qu'un seul homme a désobéi,
de même tous deviendront justes parce qu'un seul homme a obéi.

EVANGILE - Matthieu 4, 1-11
Jésus, après son baptême,
1 fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le démon.
2 Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
3 Le tentateur s'approcha et lui dit :
« Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
4 Mais Jésus répondit :
« Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
5 Alors le démon l'emmène à la ville sainte, à Jérusalem,
le place au sommet du Temple
6 et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ;
car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges,
et : ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
7 Jésus lui déclara :
« Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »
8 Le démon l'emmène encore sur une très haute montagne
et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire.
9 Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m'adorer. »
10 Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan !
car il est écrit : C'est devant le Seigneur que tu te prosterneras
et c'est lui seul que tu adoreras. »
11 Alors le démon le quitte.
Voici que des anges s'approchèrent de lui, et ils le servaient.


Commentaire :
Ce premier Dimanche de carême, les textes que nous propose l’Église pour notre méditation de la semaine, mettent en évidence la tentation. Oui dans le texte tiré du livre de la genèse, il est question de la première tentation de l’homme après la création. En effet, Adam et Ève créés bon par Dieu et vivant heureux dans la symbiose totale dans le jardin sont perturbés par l’arrivée dans le jardin d’un être étrange et étranger à leur milieu de vie. Le contact avec cet être occasionne leur chute. Dès lors le péché entre dans la création et l’homme devient faible. Mais l’homme sera relevé par l’Homme par excellence, Jésus Christ comme Saint Paul nous enseigne dans la deuxième lecture. Cela se vérifie dans l’Évangile, dans lequel Matthieu présente le Christ vainqueur du démon. Que retenir de ces deux tentations ?
La défaite de l’homme à la première tentation, est ce qui nous pousse au péché. Cette déviation de l’homme se présente à nous chaque jour. Oui nous sommes tendus vers le péché, car nous sommes marqués par ce péché et ses effets qu’on appelle la concupiscence. Mais avec l’exemple de Jésus qui relève le défi, nous devons retenir que l’homme, unis au Christ est capable de vaincre toute sorte de tentation. Nous ne devons pas tomber dans le découragement face à la tentation. Nous ne devons pas dire ceci « malgré tout ce que je fais, les prières et autres actes spirituels, je n’arrive pas à tenir face au péché, le démon a toujours la victoire sur moi ». Non, sors de cette mentalité. Durant notre séjour terrestre, le démon nous tentera, il nous demandera de l’adorer, d’aimer le matériel que notre frère, d’être égoïste, de tuer, de rechercher des postes et le pouvoir avec tous les moyens. Mais face à toutes sortes de tentations rappelle-toi que Jésus a pu tenir. Donc avec la messe, l’adoration au saint sacrement, le rosaire, la méditation de la parole de Dieu, la confession et notre volonté, nous sommes capables de dire non à Satan et à ses disciples qui errent sur cette terre. Et si nous tenons, le démon quittera et les anges s’approcheront de nous pour nous servir et nous bénir.
A DIMANCHE PROCHAIN
Père Hervé Djadji La joie de Yaobou.

vendredi 11 mars 2011

CRISE EN CÔTE D’IVOIRE : OÙ SONT NOS PROPHETES ET LEADERS RELIGIEUX ?

Pendant la campagne présidentielle, tous les Ivoiriens ont apprécié et admiré les interventions de nos pasteurs et Imams dans le but d’inviter les Ivoiriens à la prière et demander les bénédictions du Dieu miséricordieux. Après les résultats conflictuels du second tour de l’élection présidentielle, hormis quelques ballets diplomatiques entre les camps en conflits et des déclarations divergentes, nos pasteurs, prêtres, Évêques et Imams ont disparu de la scène. Oui les Ivoiriens et tous ceux qui suivent l’actualité du pays se posent des questions : Où sont passés nos guides religieux ? Où sont nos éminents charismatiques ? Les prophètes se sont-ils tus ? Les politiciens ont-ils vaincu nos prophètes ? Où sont nos défenseurs de la dignité humaine ? Pourquoi sont-ils silencieux ?
Dans la présente étude, nous tenterons de faire le tour de ces différentes interrogations dans le but de répondre sans faux fuyant à cette réalité dont font face les Ivoiriens dans une désolation totale.
Oui, après les résultats du second tour de la présidentielle, la remarque que nous avons faite, c’est que nos guides religieux de plusieurs confessions et communautés religieuses, à travers des discours et des bouts de phrases lors de leurs méditations ont montré de manière criarde et notoire leur désaccord sur leur vision de la crise née de l’élection présidentielle. Des interventions teintées de couleur politique et très souvent avec les mêmes slogans et expressions utilisées par les portes paroles des partis politiques en conflits. D’où cette affirmation d’un confrère : « Les leaders religieux ivoiriens représentent au niveau spirituel la copie conforme de notre système politique ».
Ainsi, à travers les différents discours contradictoires entre des ministres d’une même confession religieuse et ceux de communautés différentes suivis de ce grand silence nous pouvons déduire que nos guides semblent avoir échoué face à l’équation dressée par les politiciens. Oui avec le silence nous pouvons dire que nos leaders religieux n’ont pas pu percer le mur de nos politiciens malgré les prières, les jeûnes et leur bonne volonté. Et la solution choisie par nos chers guides, c’est de retourner dans leurs églises, cathédrales, mosquées et temples pour prier, méditer et poser des actes caritatifs auprès des refugiés. Oui cela aussi est une arme. Mais Chers confrères pasteurs, les Ivoiriens meurent, on ne sait qui tue qui, des morts gisent partout, le sang coule et les déplacés augmentent. Les fidèles veulent voir leurs guides religieux à leurs côtés, ils veulent nous voir à Abobo, Koumassi, Anyama assurant la médiation entre les camps. Ils veulent des réactions vigoureuses et vraies au moment où le décalogue n’est plus respecté. Oui nous pouvons dire avec regret : « les agneaux ont été frappés et les bergers se sont dispersés ».
Face à cette crise qui perdure, l’heure de l’engagement a sonné. Prenons le devant car l’image du Dieu que nous invoquons est bafouée. Et aussi bien le peuple ivoirien que Dieu le créateur nous observent. Relevons la tête. Acceptons un mea culpa et demandons pardon, convertissons nous et apportons notre médiation pour la résolution de cette crise. Prenons nos responsabilités. Disons la parole capable de guérir et de sauver la Côte d’Ivoire malgré le prix à payer. Et nous pouvons puiser dans nos ressources spirituelles et dans nos traditions multiséculaires pour résoudre cette crise. N’attendons pas après les tueries pour donner un sens spirituel aux différents évènements. N’attendons pas des milliers de morts pour trouver des textes dans nos livres sacrés pour réconforter les familles. N’attendons pas après un génocide pour organiser des veillées et temps de prières dans le but d’expliquer avec des catégories théologiques et spirituelles les atrocités avec des affirmations telles que : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, il en a été comme le Seigneur a voulu ». Et D’autres dirons ceci : Selon une vision, Dieu a prévu que la Côte d’Ivoire passe par des morts, des viols, du carnage et banditisme pour connaitre sa gloire car Dieu aime la Côte d’Ivoire ». N’oublions pas que Dieu préfère celui qui agit pour enrayer le mal par rapport à celui qui se tait et vient prier après le mal.
Père Hervé Djadji
 herve.djadji@yahoo.fr

samedi 5 février 2011

MEDITATION SUR LA CÔTE D’IVOIRE


La crise qui mine la Côte d’Ivoire a fait naître plusieurs clans, des divisions, qui créent des paniques au sein de la population. Car chacun se pose des questions : A savoir, quel clan choisir ? Que dois-je faire ? Quelle attitude avoir ? Les chrétiens ne sont pas épargnés par ce questionnement : Que faire en tant que chrétiens ?
Comme tout ivoirien, les chrétiens sont touchés par la crise qui mine notre pays. Dans cette méditation, nous aimerions orienter nos frères et sœurs avec qui nous partageons une même foi à l’attitude à tenir face à cette impasse née de l’élection. Dans cette crise, il est vrai que plusieurs voies s’élèvent. Des leaders politiques, de la société civile, les pasteurs, la communauté internationale, donnent des positions, proposent des solutions pour la résolution de cette crise. Au-delà de nos appartenances politiques, de nos amitiés et relations avec les clans en conflit, le chrétien doit avoir pour boussole Jésus-Christ et son Évangile. Ainsi, nous chrétiens, sommes appelés à mettre l’Évangile au-dessus de nos idéologies et nos partis politiques. Le chrétien doit toujours se poser ces questions lorsqu’il doit agir ou prendre la parole sur cette crise : Que dit l’Évangile ? Est-ce que nous allons dans le sens de l’amour prôné par le Christ ? Que dit le message chrétien ? Est-ce que la dignité de l’homme créé à l’image de Dieu est respectée ?
Oui l’agir du chrétien dans cette crise ne doit pas être le contraire de la Bonne Nouvelle. Ayons en tête dans nos attitudes ces principes du décalogue : « Tu aimeras l’Eternel ton Dieu » « Tu ne tueras pas » « Tu ne voleras pas » « Tu ne mentiras pas » et surtout la loi de l’amour du Christ : « Aimons nous les uns les autres ». Dès lors, chers frères et sœurs chrétiens, écartons nous de tout discours qui n’impliquent pas ces commandements. Si nous voulons sauver la Côte d’Ivoire. Oui n’écoutons pas et ne suivons pas les discours de division, de haine, des interventions qui ne tiennent pas compte des commandements de notre Seigneur. Mes frères chrétiens, l’heure de la pratique de l’Évangile a sonné. Nous, chrétiens pouvons résoudre cette crise en suivant les commandements du Christ qui est notre véritable Leader. Ne disons pas ceci : Moi je suis de Paul ou d’Apollos, ou encore de Pierre.
Si nous voulons sauver des amis politiciens, si nous voulons faire plaisir à nos amis leaders politiques, si nous voulons édulcorer l’Évangile, si nous voulons mettre la Parole de Dieu sous le boisseau, notre pays connaitra le sort de plusieurs pays qui ont connu des génocides malgré la présence de millions de chrétiens. Peuple de Dieu, levons nous avec la croix, regardons le Dieu de l’amour et semons l’Évangile. Ainsi, le Christ d’abord, et nos leaders après.
Père Hervé Djadji

mercredi 26 janvier 2011

MEDITATION POUR LA CÔTE D’IVOIRE (du white and black au black and black -suite)


Dans notre méditation intitulée du white and black au black and black, nous avons fait une analyse sur les relations entre Africains. De cette réflexion, nous avons fait la déduction selon laquelle, les relations entre les noirs sont très souvent centrées sur la domination, l’exploitation, la jalousie, l’hypocrisie, la sorcellerie, le tribalisme et la capacité de faire barrière à l’autre dans son évolution. L’allure que prend la crise ivoirienne née de l’élection présidentielle ne contredit pas notre vision des relations entre africains. En effet, au moment où certains pays insistent sur une résolution pacifique de la crise, plusieurs pays d’Afrique (de l’Afrique de l’ouest), se livrent à prendre des sanctions sur le pays et même à constituer une force militaire dans le but annoncé d’y installer la paix. Quelle analyse peut-on faire de cette attitude ? Que peut-on dire de cette entreprise ? En quoi ce projet honore t-il l’Afrique dans ce monde de nouvelles technologies ? Cette action est-elle différente du comportement des africains pendant l’esclavage et la colonisation ?
L’élection présidentielle en Côte d’Ivoire a engendrée une impasse politique symbolisée par l’existence de deux gouvernements et deux présidents. Un reconnu par la constitution ivoirienne et l’autre reconnu par la communauté internationale via la Commission électorale indépendante. Cette situation met les Ivoiriens et même les autres pays du monde mal à l’aise. Ainsi chacun de son côté cherche à trouver une solution pour sortir le peuple ivoirien de cette ambiance qui n’honore pas ce pays jadis havre de paix et modèle d’unité. Mais quelle analyse peut-on faire de cette crise née dans la mouvance de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance de plusieurs pays africains ?
Après une introspection et une rétrospection, nous sommes arrivés à la conclusion selon laquelle, au-delà d’une simple crise ivoiro-ivoirienne, ou d’une affaire d’élection présidentielle, cette crise est une épreuve à laquelle Dieu soumet le peuple africain. Dieu par cette crise veut tester la maturité des Africains. En effet pendant les évènements marquant les cinquantenaires d’indépendance, plusieurs colloques, séminaires et conférences furent organisées dans plusieurs pays du continent sur l’unité, la liberté, la souveraineté, l’intégration, l’autonomie et la maturité du continent noir. De même, plusieurs œuvres ont été écrites à ce sujet. Mais à travers cette crise ivoirienne Dieu montre aux Africains qu’il ne suffit pas de théoriser sur des thèmes tels que le panafricanisme, l’unité, la libération, le développement, le fait de se prendre en charge, la démocratie, la justice et la paix. Il faut les pratiquer et les vivre. Ce ne sont pas des mots. Ce sont des comportements, pour paraphraser le président Félix Houphouët Boigny de vénérée mémoire. En effet, l’Europe nous donne un exemple. Elle ne fait pas que faire des grands discours sur l’union européenne, elle fait l’effort de la vivre. Elle aide, soutient les faibles, les pays en crise. Nous pouvons citer son soutien à l’Irlande et à la Grèce.
Face à cette crise ivoirienne que feront les Africains ? Arriveront-ils à prouver aux yeux du monde qu’ils ont atteint leur maturité et leur liberté ? Pourront-ils par cette crise prouver qu’ils ne feront plus les erreurs comme ils l’ont fait au Rwanda, en Sierra-Léone, au Libéria, au Biafra, au Congo, ou chez les Bamilékés du Cameroun ? Ou confirmeront-ils après cinquante ans d’indépendance la thèse selon laquelle la vocation des Africains c’est de s’entretuer ? Autrement dit à cette heure de nouvelles technologies les Africains feront-ils des coalitions comme au temps de l’esclavage et de la colonisation pour faire souffrir d’autres Africains ? Qui vivra verra.
Père Hervé Djadji La Joie.

vendredi 21 janvier 2011

MEDITATION POUR LA CÔTE D’IVOIRE - LA PAIX


« Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » : Cette phrase vient de Jean-Baptiste. Oui Jean après le baptême de Jésus, présente ce dernier qu’il a baptisé au monde comme étant : « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Le fait marquant de la réaction de Jean c’est le nouveau nom qu’il donne à Jésus. En effet, avant sa naissance l’enfant porté par la Vierge Marie, reçoit deux noms divins : Jésus et Emmanuel. Jean n’utilise pas ces deux noms mais l’appelle « agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Cette présente réflexion porte sur l’affirmation de Jean, le qualificatif avec lequel il nomme Jésus. Mais pourquoi centrée notre analyse sur cette appellation de Jean ?
Avant d’entrée dans notre méditation, et pour mieux cerner notre analyse, il nous paraît important de réfléchir sur deux notions de l’affirmation de Jean : agneau et monde.
L’agneau : c’est l’animal le plus petit, le plus faible du troupeau, de la bergérie. L’agneau est doux, fragile, sans violence, calme, innocent.
Le monde : Dans la bible, le mot monde utilisé au singulier, désigne tout ce qui est bon dans l’univers et l’ensemble des péchés. Au niveau théologique, le monde est appelé : « clair-obscur » selon le théologien Hans Küng. C’est le monde créé bon par Dieu, c’est le monde des ténèbres, ce monde est ambivalent : bon et mauvais.
Après ces approches notionnelles, nous remarquons un contraste dans l’affirmation de Jean. Oui d’un côté, nous avons un être doux, fragile, faible, qui doit sauver le monde, qui est symbolisé par sa grandeur, sa bonté, mais surtout dominé par la force, la violence, les armes, l’hégémonie, la puissance et le pouvoir. Face à ce rapport déséquilibré, la question qui surgit est celle-ci : Comment un agneau peut-il sauver le monde ? Autrement dit comment le faible peut-il sauver le fort ?
Lorsque que nous suivons la vie de Jésus, le constat que nous faisons est que lui, l’agneau, le faible, le doux a sauvé et sauve toujours le monde. Il a aimé ce monde en donnant sa vie pour son salut. Dès lors nous pouvons comprendre que le salut du monde ne peut venir des forts. Le bien de ce monde, la paix dans ce monde ne viendront pas des lions, des panthères, des animaux féroces. Oui dans notre société actuelle ou nous voulons combattre la violence, l’illégalité, par des armes, nous devons retenir que la force ne sème que la force, la violence engendre la violence. Pour combattre le terrorisme en Irak, en Afghanistan, pour régler les conflits dans plusieurs régions du monde, les États appelés les grandes puissances utilisent tous les moyens sophistiqués, déversent des millions de soldats, injectent des sommes colossales pour l’armement et l’entretien des soldats, mais en lieu et place de paix nous récoltons des guérillas, des millions de morts, des villes et villages qui disparaissent de la planète. Ainsi, avec des bombes, des bataillons blindés, des armements puissants, nous ne pourrons pas amener la paix. Oui, des grandes figures qui ont suivies l’exemple de l’agneau de Dieu, Jésus ont pu apporter la paix dans leur société en se faisant petit devant les forts. C’est l’exemple, de Martin Luther King, Mahatma Ghandi, Desmon Tutu et autres. Face à la violence, la guerre et le racisme ils ont utilisé le dialogue, l’humilité et la douceur.
Aujourd’hui au moment où beaucoup de voix s’élèvent dans le monde et même en Côte d’Ivoire pour ne jurer que sur la force comme résolution de la crise Ivoirienne, à travers cette réflexion, nous prions nos leaders politiques et la communauté internationale à continuer le dialogue et la discussion dans cette crise. Car la force militaire créera l’animosité, engendrera des orphelins, des réfugiés et des dégâts incalculables. Continuons le dialogue. Car le résultat du dialogue est stable et indéracinable, alors que tout ce qu’on obtient de la guerre est éphémère, passager, instable. N’affirmons pas que tous les moyens du dialogue aient été épuisés. Non les cartes du dialogue ne s’épuisent jamais, il existe toujours une voie du dialogue qui se présente à nous lorsque l’autre disparaît. A ce sujet observons un peu le Roi belge. En effet, dans le but de sortir son pays de l’impasse politique dans laquelle est plongée la Belgique depuis l’élection de Juin 2010, le roi utilise plusieurs personnalités pour les médiations. Lorsqu’un médiateur échoue, il nomme un réconciliateur, après l’échec de ce dernier, il nomme un réunificateur, ensuite un pacificateur etc. La leçon à retenir de l’attitude du roi de la Belgique, c’est la patience et l’espérance dans le règlement d’un conflit. En effet une médiation sans la patience conduit à la guerre. Nous préférons donc une médiation qui dure dans le temps qu’une guerre rapide qui crée des blessures et une vengeance éternelles.
Partant de cette méditation, nous demandons aux forts, aux puissants de ce monde, aux invulnérables, aux guerriers, aux divinités de la guerre, de confier le règlement de la crise ivoirienne aux faibles, aux doux et aux patients. Quant aux politiciens ivoiriens de tous bords et à leurs partisans nous vous invitons humblement à l’humilité, à user de vos relations non pas dans le but de détruire le pays par la guerre, mais dans le but de semer le développement. Car il y a un adage qui dit : « L’ami qui t’aide à frapper ton enfant jusqu’à mort, l’ami qui t’aide à renier ta famille, ne t’aime que pour tes intérêts. Il disparaîtra lorsque tu as tout perdu ».

Père Hervé Djadji Lajoie.

samedi 8 janvier 2011

APPEL À L’APAISEMENT ET AU DIALOGUE DES EVEQUES DE CÔTE D’IVOIRE

Chers frères,
Chères sœurs,
Chers compatriotes,
Chers habitants de la Côte d'Ivoire,
1. Dans notre dernier message adressé à l’ensemble du peuple ivoirien, à la veille de l’élection présidentielle sensée sortir le pays de huit années de crise profonde, nous, vos compatriotes et frères, Evêques de Côte d'Ivoire, nous vous invitions à saisir le véritable enjeu de ces échéances et à les vivre avec toute la responsabilité qui s'impose (Cf. Message à la nation ivoirienne à l’occasion des prochaines élections, 29 novembre 2009, n° 1-4).
 2. Nous avons tous placé beaucoup d’espoir en ce scrutin. Nous étions convaincus de sortir de cette douloureuse et inutile crise qui a altéré notre cohésion nationale et ralenti la marche de notre pays sur la voie du développement.
3. Notre espoir était d’autant plus grand que nous pensions tous être  conscients de la souffrance et de la misère dans laquelle cette situation a plongé les populations dans leur ensemble.
4. Les violents événements que nous vivons depuis le 2ème tour de l’élection présidentielle, avec le blocage politique, nous donnent de voir que nous ne sommes pas au bout de nos peines et que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour arriver à la paix.
5. Les médias nous font état d’attaques à main armée, de blessures par balles, à la machette ou au gourdin, de morts violentes,  de destructions de biens publics, de  pillages ou incendies de maisons, de  pleurs et de désolations dans tous les camps ; nous dénonçons cette situation malheureuse d’un pays coupé en deux avec « deux chefs d’Etat et deux gouvernements ».
6. Voilà la triste image que la Côte d’Ivoire, pays de fraternité et de dialogue, offre au monde entier.
7. Nous nous inclinons respectueusement devant la mémoire de ces femmes et hommes, enfants, jeunes et adultes qui ont perdu la vie. A toutes les familles endeuillées, nous présentons nos sincères condoléances. Que Dieu lui-même essuie leurs larmes.
8. Laissons-nous interpeller par le sang et la souffrance de ces civils et soldats tués ou blessés. Nous compatissons à la souffrance des blessés et demandons que justice soit faite comme nous l’avions mentionné dans notre message à la nation à l’occasion des élections : « Songeons davantage à prendre en charge les diverses victimes de cette guerre. Nous pensons d’abord aux veuves, aux veufs, aux orphelins, aux mutilés de guerre, à ceux qui ont tout perdu, aux infectés du VIH/sida suite aux viols et autres violences sexuelles… » (Cf. message à la nation à l’occasion des prochaines élections, n° 40)
9. Comme à Caïn à qui Dieu demandait ce qu’il avait fait de son frère Abel dont il était jaloux, à chacun et à tous (hommes politiques, militants, communauté internationale), à nos consciences individuelles et collectives, le Seigneur demande : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » (Gn 4,10).
10. Nous, Evêques de Côte d’Ivoire, après plusieurs rencontres avec nos frères Laurent GBAGBO et Alassane Dramane OUATTARA ainsi que les trois chefs d’Etat envoyés spéciaux de la CEDEAO, avons choisi la voie de la médiation et de la négociation parce que respectueuse de la vie et de la dignité de la personne humaine. Nous avons choisi cette voie parce que nous supposons que chacun des acteurs politiques ivoiriens aime vraiment son pays. C’est pour cela que nous croyons que la paix est encore possible, car nous avons confiance aussi en l’esprit de tolérance et de pardon des ivoiriens. Ils l’ont maintes fois démontré tout au long de cette lancinante et appauvrissante crise qui dure depuis septembre 2002.
 Nous, Evêques de Côte d’Ivoire recommandons ce qui suit :
- Que nos deux frères s’engagent à trouver par la voie du dialogue un règlement pacifique du différend afin de ne pas mettre en danger la vie des populations.
- Qu’ils acceptent de se retrouver pour dialoguer malgré les rancœurs. Cela serait un acte de courage, d’humilité et d’amour pour notre pays.  
- Qu’ils appellent fermement leurs militants au calme et à la retenue.
- Que l’ONU se conforme aux principes fondamentaux qui la régissent et qui sont respectueux des droits de l’homme. Qu’elle fasse usage des moyens pacifiques de règlement du différend en vue d’apporter sa contribution à la résolution de la crise et s’en tienne strictement au maintien de la paix. Nous lui demandons avec insistance de respecter la souveraineté de notre pays.
- Que nos frères les Africains de l’UA et de la CEDEAO se rappellent le principe de solidarité africaine qui veut que quand la case du voisin brûle on l’aide à éteindre l’incendie. Aussi voudrions-nous attirer leur attention sur les conséquences incalculables d’une intervention militaire pour le pays et la sous-région ouest africaine. Nous disons non à une telle intervention.
11. Nous sommes tous embarqués dans le même navire et personne n’a intérêt à le voir s’abîmer dans les eaux redoutables de la violence et de la guerre civile. Notre civisme doit nous mobiliser à construire ensemble ce pays dans la paix et la concorde. Les rafales des violences, les casses, les actes incendiaires ne résolvent rien, mais nous enfoncent toujours plus dans la pauvreté et la misère. Tout le monde a souffert et continue de souffrir particulièrement dans les zones Centre, Nord et Ouest (CNO).
12. Refusons systématiquement le faux martyre qui ne servirait qu’à la gloire des politiciens qui se soucient peu de notre véritable avenir. Rejetons également tout acte qui serait de nature à détruire aussi bien les acquis que le pays lui-même. Abstenons-nous de tout acte à relent belliqueux et provocateur (Cf. Message à la Nation à l’occasion des prochaines élections, n° 34).
13. Cherchons à sauvegarder et à préserver la dignité et la souveraineté de notre pays en respectant et en faisant respecter ses institutions dans le dialogue vrai et dans la concertation fraternelle.  Quand il s’agit de choisir entre la Côte d’Ivoire et les ennemis de la Côte d’Ivoire, nous choisissons la Côte d’Ivoire.  Il est question de faire avancer notre pays sur la voie du développement et du progrès où les pauvres et les petits ne soient pas laissés pour compte. La paix et l’espérance sont  à ce prix. “L’espérance ne déçoit pas” (Rm 5,5). Elle nous réconforte et nous soutient jusqu’au bout.
14. Recherchons l’unité, la cohésion et cultivons l’esprit de fraternité. Il convient en ces moments critiques et difficiles de se laisser guider par le souci constant de la recherche de la paix. Travaillons à l’apaisement des cœurs et faisons en sorte qu’ « Amour et Vérité se rencontrent et que Justice et Paix s’embrassent » (Ps 84,11).
15. Nous voudrions rappeler à tous les croyants en général et aux chrétiens en particulier, que la foi au Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux nous interdit l’usage de la violence sous toutes ses formes : ni par la parole, ni par les actes. Ayons tous la crainte de Dieu. Sur ce point nous nous réjouissons qu’en Côte d’Ivoire il n’y a pas un Nord musulman qui serait opposé à un Sud chrétien. Dans la même famille cohabitent parfois des musulmans et des chrétiens.
16. Ivoiriens et Ivoiriennes, Dieu nous aime! Il ne nous abandonnera pas. Il est avec nous. Il nous invite à entrer en nous-mêmes pour un véritable examen de conscience. Cela nous permettra de découvrir que le Royaume de Dieu commence dès ici-bas par la conversion, la réconciliation, le pardon et la charité agissante.
17. Puisse  le Seigneur Dieu, par son Fils Unique Jésus-Christ, le Prince de la paix nous aider, grâce à son Esprit Saint réconciliateur, à reconstruire notre pays dans la paix par la réconciliation, en union avec la Vierge Marie, Notre-Dame de la paix.

Fait à Abidjan le 03 janvier 2011

Vos frères les Evêques de Côte d’Ivoire

dimanche 2 janvier 2011

MEDITATIONS SUR LA CÔTE D’IVOIRE

Depuis le deuxième tour de l’élection présidentielle chacun est devenu spécialiste de la Côte d’Ivoire: Au niveau international, nous écoutons avec plaisir des journalistes, des sociologues, des politologues et des politiciens décortiquer la société ivoirienne. Chacun selon ses informations fait ses analyses. Au niveau national, nous suivons avec intérêt les débats organisés par la télévision ivoirienne sur l’actualité regrettable que nous vivons. Nous profitons de cette tribune pour dire merci aux différents intervenants sur le sujet brûlant qu’est la situation triste de notre chère patrie. Il est vrai que chacun propose des réflexions dans le but de sortir le pays du bourbier dans lequel il est enfouillé. Par cette méditation, nous aimerions apporter une fois de plus notre contribution à ce débat sur la Côte d’Ivoire.
Notre présente méditation sera centrée sur la vérité dans notre pays. Mais pourquoi focaliser notre analyse sur la vérité ? Le salut de la Côte d’Ivoire viendra de la vérité et rien que de la vérité. En effet le virus qui mine notre patrie n’est pas le problème de l’ethnie ni de la religion encore moins de la xénophobie mais le mensonge. On peut proposer plusieurs remèdes pour la guérison de notre pays mais il sera toujours malade car son vrai mal c’est le manque de vérité. C’est dans cette optique que dans le but de la résolution de la crise ivoirienne, tous les accords et les sommes colossales injectées ont été vains. Dans notre pays, le mensonge et l’hypocrisie sont devenus la loi de la prospérité et du succès.Oui si on avait été vrai dans le coup d’état de 1999, si on avait dit la vérité pendant le forum pour la réconciliation nationale, si la vérité était établie après l’attaque de septembre 2002, si on avait dit la vérité sur les atrocités, les morts de la guerre, si les acteurs nationaux et internationaux des différents accords sur la Côte d’Ivoire étaient de bonne foi, si les différentes journées dédiées à la paix et les nombreuses poignées de mains entre les acteurs politiques étaient sans hypocrisie, si le face à face entre les deux candidats étaient basés sur la vérité, le pays n’allait pas sombrer aujourd’hui. Oui la vérité rien que la vérité. Nous couvrons le vrai et nous encensons le faux.
 Dans ce pays le coupable est acclamé et la victime est sanctionnée. Personne ne sait qui dit quoi, qui fait quoi, qui signe quoi. C’est le pays du flou. Pasteurs, politiciens, intellectuels, leaders d’opinions, entretiennent le flou. Ce sont toujours les grands discours incolores, diplomatiques, dans lesquels chacun est victime et coupable, des interventions dans lesquelles on a peur d’appeler « le chat : chat »: On dira un animal à quatre pattes. Aujourd’hui dans cette situation macabre, beaucoup savent la vérité. Ils savent qui a gagné cette élection, mais au nom du flou, au nom des intérêts, ils préfèrent nous berner dans le mensonge et nous conduire dans le gouffre plutôt que de dire la vérité. Oui chers frères politiciens rencontrez-vous et quittez les montagnes d’orgueil, et dites seulement la vérité et le pays sera guéri. Que celui qui est vaincu ait le courage de reconnaitre et de dire à l’autre la vérité.
Puisse la naissance de Jésus-Christ, l’Emmanuel, qui est « Le chemin, la vérité et la vie » conduire les Ivoiriens à la vérité. Que son étoile de vérité illumine le pays et que tout ce qui est caché soit révélé, pour que les ténèbres de mensonge, d’hypocrisie et de mauvaise foi qui obscurcissent la conscience et les cœurs des Ivoiriens disparaissent pour que son soleil d’amour, de justice, de transparence et de vérité illumine éternellement la Côte d’Ivoire.
Père Hervé Djadji La Joie